POLITIQUE NATIONALE - Pésidentielles 2007
« Pour des primaires à gauche »
Le député PRG du Val de Marne et Président d’honneur du Parti Radical de Gauche, Roger-Gérard SCHWARTZENBERG demande l’organisation de primaires au sein de la gauche pour la prochaine élection présidentielle.
Dans un article publié dans « Le Monde » du 14 septembre dernier, l’ancien ministre PRG propose que les partis de gauche réfléchissent – ensemble – à la stratégie la plus efficace pour aborder l’élection présidentielle d’avril 2007 et pour , cette fois, l’emporter.
« Il faut , écrit-il, tirer les leçons du 21 avril 2002, en définissant une stratégie qui parvienne à concilier deux principes également nécessaires : pluralisme et partenariat
Le pluralisme avait fait l’attractivité de la gauche … plurielle, réunie autour de Lionel Jospin aux législatives de 1997. Car un parti ne peut à lui seul représenter toute la gauche. Nos concitoyens préfèrent la pluralité – qui favorise dialogue et échange entre partenaires – à une unité de façade, qui serait artificielle. Ils préfèrent la diversité à l’uniformité. Ils ne souhaitent pas une gauche monolithique ou monocolore, qui imposerait la pensée unique en son sein et prohiberait l’exercice du droit à la différence.
Mais la diversité de la gauche doit jouer comme un atout, non comme handicap. Certes, l’échec du 21 avril a plusieurs causes. Mais, parmi celles-ci, la balkanisation de la gauche à ce premier tour tient un rôle majeur. Les électeurs ont mal compris que les cinq partis de la gauche plurielle, qui avaient gouverné ensemble pendant plusieurs années, se présentent en ordre dispersé et multiplient les critiques les uns envers les autres, au lieu de dégager une ou des candidatures de rassemblement.
Cette multiplicité de candidatures, jointe à l’exhibition souvent excessive de querelles souvent factices, a conduit à l’absence de tout candidat de gauche au second tour.
Pour éviter qu’avril 2007 ne soit la répétition d’avril 2002, il faut donc trouver le moyen de concilier diversité et solidarité. Cela peut être possible si l’on distingue les deux phases successives de l’échéance présidentielle.
D’abord, la précampagne, au cours de laquelle peut s’exprimer la diversité des partis de l’ex-gauche plurielle ( PCF, PS, PRG, MRC, Verts ).
Ensuite, la campagne présidentielle qui, elle, doit faire prévaloir le partenariat, le regroupement de la gauche autour d’un candidat commun dès le premier tour. Comme cela avait été le cas en 1965 et 1974 avec François Mitterand, qui avait bénéficié d’une dynamique de rassemblement.
Toutefois, cette unité de candidature ne sera possible que si les partis de gauche conviennent ensemble, entre partenaires, d’une procédure commune de désignation de ce candidat. On pourrait, à cet égard, s’inspirer du processus utilisé pour sélectionner leur candidat à la Maison Blanche par le Parti démocrate et le Parti républicain. Car, en réalité, ceux-ci sont l’un et l’autre des formations pluralistes fédérant des courants politiques divers.
Première étape : dans chacun des cinquante Etats, le parti désigne ses délégués à la convention nationale, qui sera chargée d’investir le candidat à la Maison Blanche. Dans certains Etats, ce choix revient à une réunion (caucus) de militants ou de délégués du parti. Dans la plupart, pour éviter l’emprise excessive des états-majors, il s’effectue par des élections primaires, ouvertes non seulement aux adhérents mais aussi aux électeurs du parti.
Seconde phase : les délégués, ainsi désignés, se réunissent en convention nationale pour choisir définitivement le candidat du parti à la présidence des Etats-Unis.
La gauche française pourrait retenir cette procédure en deux temps. D’abord, en 2006, des élections primaires seraient organisés dans chaque région : elles seraient ouvertes non seulement aux adhérents mais aussi aux sympathisants des cinq partis de l’ancienne gauche plurielle. Ensuite, en janvier 2007, une convention nationale de la gauche se tiendrait pour désigner officiellement le candidat commun à l’Elysée.
Cette procédure aurait trois avantages. D’abord, elle démocratiserait le processus de désignation du candidat à l’Elysée. Au lieu de résulter de manœuvres internes et de jeux d’appareils, cette désignation se ferait à ciel ouvert et en pleine transparence. Elle permettrait un large débat public devant tous les militants et sympathisants de gauche, appelés à choisir eux-mêmes, par le jeu des primaires, entre plusieurs candidats à la candidature.
Deuxième avantage : cette procédure donnerait d’importantes garanties aux partenaires du principal parti de gauche. En effet, le PS ne désignerait plus seul son candidat à l’Elysée, en se bornant à soumettre ce choix à une simple ratification ultérieure par les autres formations de gauche. Avec les primaires, plusieurs candidats, appartenant au PS mais aussi aux autres partis ( PCF, PRG, MRC, Verts ), pourraient participer à la compétition ouverte pour la désignation par l’ensemble de la gauche de son candidat à l’Elysée.
Enfin, dernier avantage : ce processus devrait assurer le choix d’un candidat à l’Elysée fédérateur, qui ferait la synthèse des aspirations exprimées aux primaires et rassemblerait sur son nom les suffrages des électeurs des divers partis de gauche en avril 2007.
Cette procédure en deux temps concilierait donc pluralisme et partenariat. Pluralisme, car chaque parti conserverait son identité particulière et porterait son propre message au cours des primaires : la diversité de la gauche serait préservée. Partenariat, car ce pluralisme concerté conduirait au rassemblement dès le premier tour derrière un candidat choisi en commun, pour éviter les déboires du 21 avril 2002.
Si la gauche choisit cette stratégie de rassemblement, articulée sur une procédure de désignation publique et démocratique d’un candidat commun, elle se donnera les meilleures chances de l’emporter en 2007.
Il est temps désormais d’y réfléchir. Ensemble. Entre partenaires. »